CoReCT : le collectif des émetteurs de titres-restaurant pour le plafonnement des commissions

CoReCT : le collectif des émetteurs de titres-restaurant pour le plafonnement des commissions

CoReCT signifie Collectif pour le Rééquilibrage des Commissions Titre-restaurant.

Ce nom résume la raison d’être de la création de ce collectif : corriger un déséquilibre structurel qui s’est installé au fil des années sur le marché des titres-restaurant, au détriment des restaurateurs et des commerçants.

Le collectif CoReCT est composé de 5 émetteurs de titres-restaurant :

  • Lucca
  • Worklife
  • Contakt
  • Coup de pousse
  • Ekip

Nous sommes tous des émetteurs alternatifs, positionnés face aux acteurs historiques du marché, qui partagent les même convictions :

  1. Le système actuel de commissions est déséquilibré et nécessite une réforme structurelle, à commencer par leur plafonnement
  2. Rééquilibrer, pour nous, ne signifie pas casser le système, mais le rendre plus juste, plus transparent et plus soutenable pour l’ensemble des acteurs.

Pourquoi avons‑nous co‑lancé Corect ?

Nous avons co‑lancé Corect à partir d’un constat documenté et largement partagé par les restaurateurs : les commissions appliquées aux titres‑restaurant sont devenues excessives.

Aujourd’hui, 91 % des restaurateurs estiment que ces commissions sont trop élevées¹. Mais derrière ce ressenti massif, il est essentiel de regarder les chiffres.

Des commissions anormalement élevées

Voici les taux de commissions pratiqués par les quatre émetteurs historiques du marché (Edenred, Pluxee, UpCoop, Swile).

Etude portée par Lucca

Les résultats sont sans appel :

  • Swile affiche un taux moyen de 4,96 % sur les paiements par carte titres‑restaurant, pouvant monter jusqu’à 5,7 % (commission + interchange).
  • Ces commissions s’appliquent sur le montant TTC, ce qui signifie que, dans certains cas, elles représentent près de 7 % du montant HT.
  • UpCoop, pourtant le plus modéré, reste à 3,69 %, un niveau toujours aberrant pour la simple fourniture d’un moyen de paiement.

Ces taux sont d’autant plus incompréhensibles qu’ils :

  • diffèrent très peu entre gestion papier et cartes dématérialisées,
  • n’ont cessé d’augmenter depuis plus de dix ans,
  • alors même que la dématérialisation aurait dû faire baisser les coûts.

Un marché verrouillé par un rapport de force déséquilibré

Si ces niveaux de commissions persistent, ce n’est pas par hasard.

Le marché des titres‑restaurant est un marché biface :

  • d’un côté, les restaurateurs et commerçants,
  • de l’autre, les entreprises,
  • avec les émetteurs au centre.

Grâce à la rente générée par des commissions excessives prélevées sur les restaurateurs, les acteurs historiques ont verrouillé la face entreprise du marché en offrant leurs prestations, voire en versant des rétro‑commissions.

Résultat :

  • les entreprises n’ont aucun intérêt économique à choisir des émetteurs plus vertueux,
  • les restaurateurs ne peuvent pas bénéficier de titres‑restaurant avec 1,5 % de commission, pourtant proposés par de nouveaux acteurs,
  • la concurrence est étouffée.

C’est exactement le type de dérive que l’on a déjà observé dans la grande distribution, avec des mécanismes de prix négatifs et de remises arrière (RFA), où certains fournisseurs finissent par payer pour vendre.

Nous refusons que le titre‑restaurant suive cette trajectoire.

Le plafonnement des commissions : une solution simple et efficace

Face à ce verrouillage, il existe une solution claire : le plafonnement des commissions, par exemple à 2 % ou 2.5%.

Les effets seraient immédiats :

  • baisse de plus de 50 % des coûts pour les restaurateurs,
  • réouverture réelle de la concurrence sur la face entreprise,
  • fin des prestations offertes ou à prix négatif via les rétro‑commissions,
  • possibilité pour tous les émetteurs de concourir à armes égales.

Ce type de régulation n’a rien d’utopique. Dans d’autres pays, comme le Brésil, des mécanismes de plafonnement ont déjà été mis en place pour rééquilibrer les marchés. Le résultat n’a pas été un effondrement, mais un rééquilibrage durable.

Assumer notre responsabilité d’émetteurs

En tant qu’émetteurs de titres‑restaurant, nous avons une responsabilité particulière. Nous façonnons ce marché. Nous en bénéficions, mais nous en voyons aussi les limites.

C’est pour cela que nous avons créé Corect : pour porter une parole collective, responsable et exigeante, au bénéfice de l’ensemble de l’écosystème.

Notre conviction

Le titre‑restaurant est un outil social puissant. Mais sans règles justes, il devient un outil de déséquilibre.

Nous sommes convaincus qu’un autre modèle est possible :

  • un modèle sans extraction abusive de valeur,
  • un modèle où la concurrence joue pleinement sur les deux faces du marché,
  • un modèle qui protège durablement les restaurateurs.

C’est pour faire bouger les lignes d'un marché bien décidé à ne rien bouger que nous avons créé Ekip et que nous avons rejoint Corect.


¹ Enquête en ligne Viavoice, juillet 2025, auprès de 1 613 restaurateurs (base CNTR).