La face cachée des titres-restaurant
Saviez-vous que lorsqu’un émetteur de titres-restaurant vend son service à une grande entreprise, celle-ci ne paie souvent rien ?
Et ça va parfois même plus loin que ça : l’émetteur de titres-restaurant verse de l’argent à l’entreprise pour qu’elle le choisisse. C’est le monde à l’envers…
Alors comment ces acteurs font-ils pour gagner autant d’argent ? La réponse est simple : ils prennent jusqu'à 5% de commissions aux restaurateurs.
Vous imaginez ? Un restaurateur qui encaisse 20 000 € de titres-restaurant par mois paye 1 000 € de commissions. Quand on sait que la marge nette moyenne de la restauration traditionnelle tourne autour de 3 %, ces commissions pèsent vraiment lourd.
Et le plus fou dans tout ça ? Le restaurateur n’a pas vraiment le choix.
Ils ne peuvent pas vraiment se permettre de refuser les titres-restaurant de leurs clients et ils n’ont quasiment aucun pouvoir de négociation. Ce système est complètement déséquilibré. Et c'est pour ça qu'on se bat aujourd'hui pour le changer.
Pourquoi certains émetteurs n’ont aucun intérêt à ce que le système change
Les commissions prélevées chez les commerçants sont la source de revenus principales des émetteurs historiques. Elles permettent (entre autres) de financer des offres commerciales très agressives auprès des entreprises.
En 2023, l’Autorité de la concurrence a constaté que les 4 principaux émetteurs historiques détiennent encore plus de 99 % du marché. Et que, pendant plusieurs années, les commissions facturées aux entreprises ont baissé, tandis que celles payées par les commerçants ont augmenté. Tiens donc…
Regardez le dernier résultat en date :

En 2025, Lucca a publié une analyse qui révèle par exemple une commission moyenne de 4,96 % chez Swile, qui atteint 5,7 % avec les frais associés.
À titre de comparaison, les commissions des paiements classiques par carte bancaire sont souvent inférieures à 1 % pour les commerçants avec un contrat bancaire adapté. Et pendant ce temps, les restaurateurs ont de plus en plus de mal à vivre de leur métier. Il y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond…non ?
Pourquoi nous avons créé CoReCT ?
On prélève nous aussi des commissions (très souvent inférieures à celles pratiquées par le big 4). Parce que nous devons financer notre activité et rester “compétitifs” dans ce marché. On aimerait vraiment changer ça. Et pour que cela fonctionne, tout le monde doit jouer le jeu. Et les gros acteurs doivent sortir les clés des cadenas qui verrouillent actuellement le marché.
C’est pour ça qu'on a cofondé le Collectif de Rééquilibrage des Commissions Titres-restaurant (le CoReCT), qui réunit plusieurs émetteurs (Lucca, Worklife, Coup de pousse et Mucho) et qui souhaite faire évoluer les règles du secteur.
On a notamment fait une enquête auprès de 1 613 restaurateurs et commerçants. Résultat : 96 % des répondants sont favorables à un plafonnement des commissions. Alors on est persuadé que la bonne marche à suivre est de plafonner l’ensemble des frais à 2,5 % maximum.
Cela permettrait aux restaurateurs et commerçants concernés d’économiser 137 millions d’euros par an. De quoi redonner un peu d’oxygène à une profession qui en a bien besoin.

Comment soutenir ce mouvement ?
La bonne nouvelle, c’est que le sujet est enfin débattu à l’Assemblée nationale. Ce lundi 12 octobre, les députés examineront une proposition de loi sur les titres-restaurant. Plusieurs amendements défendent un plafonnement des commissions à 2,5 %, avec des députés de gauche comme de droite.
Évidemment, les grands émetteurs ont aussi leurs intérêts économiques à défendre. Et on doute sérieusement que cette réforme soit accueillie à bras ouverts.
Alors pour faire entendre la voix des restaurateurs face à celle des grands acteurs du secteur, vous pouvez déjà :
1️⃣ Contacter votre député pour lui faire connaître votre position (ou le taguer sur notre publication),
2️⃣ En parler autour de vous, notamment aux restaurateurs et commerçants concernés,
3️⃣ Partager notre publication Linkedin pour faire connaître ce problème.
Ce sont les restaurateurs qui paient la note. Et il serait temps que leur voix compte davantage.
Merci pour votre soutien,
La team Ekip
PS : Si vous souhaitez approfondir le sujet, regardez cette vidéo 👇🏼