Le titre-restaurant, nouvel outil du budget alimentaire : ce que révèle le baromètre 2026

Le titre-restaurant a toujours été bien plus qu'un simple ticket de cantine. Mais en 2026, il franchit une nouvelle étape.

Le titre-restaurant, nouvel outil du budget alimentaire : ce que révèle le baromètre 2026

Le titre-restaurant a toujours été bien plus qu'un simple ticket de cantine. Mais en 2026, il franchit une nouvelle étape. Selon le baromètre Openeat réalisé par l'institut Selvitys, les pratiques des salariés français ont profondément évolué, révélant un outil en pleine mutation, tiraillé entre son ADN originel et les réalités économiques du quotidien.

Le supermarché détrône le restaurant

C'est le chiffre qui retient l'attention : 44 % des dépenses en titres-restaurant sont désormais réalisées en grande distribution, contre seulement 31 % en restaurant. Il y a deux ans à peine, ce rapport était inversé. En l'espace d'une génération de salariés, le titre-restaurant est passé du zinc du bistrot au rayon pâtes du supermarché du coin.

Ce basculement n'est pas anodin. Il traduit une réalité budgétaire que beaucoup connaissent : face à l'inflation alimentaire des dernières années, les salariés ont naturellement cherché à optimiser chaque euro de leur pouvoir d'achat. Et le titre-restaurant, flexible et accepté dans un nombre croissant de commerces, est devenu un levier évident.

Résultat : 93 % des bénéficiaires jugent aujourd'hui utile de pouvoir l'utiliser en supermarché, et 78 % estiment qu'il les aide à mieux gérer leurs courses alimentaires. Le titre-restaurant est devenu, en quelques années, un outil hybride à la frontière entre restauration et alimentation domestique.

Une évolution des usages, pas une rupture

Pour autant, il serait réducteur d'y voir une trahison de l'esprit originel du dispositif. Les salariés ne tournent pas le dos au restaurant : ils arbitrent, en fonction de leurs contraintes et de leurs envies du moment. D'ailleurs, 50 % des achats réalisés avec des titres-restaurant concernent encore des repas prêts à consommer, sandwichs, plats cuisinés ou repas pris au restaurant. L'autre moitié va vers des produits de base, pâtes, riz, viande ou produits frais, destinés à être préparés à la maison.

Ce dualisme dans les usages reflète la diversité des profils de salariés. Un jeune cadre en télétravail n'a pas les mêmes besoins qu'un ouvrier en atelier ou qu'un salarié qui déjeune chaque midi dans le même restaurant de quartier depuis dix ans.

La restauration se bat et elle n'a pas tort

Du côté des restaurateurs, l'inquiétude est réelle et les chiffres leur donnent une base solide pour s'exprimer. Franck Trouet, délégué général du GHR, rappelle que la grande distribution est passée de 22,4 % à 32,9 % de part de marché des titres-restaurant depuis 2022, quand la restauration perdait 8,8 points. En volume, cela représente un transfert estimé à 700 millions d'euros par an au détriment du secteur.

Face à cela, certains acteurs plaident pour un retour à un titre exclusivement utilisable au restaurant, ou a minima pour la mise en place d'un double plafond de dépenses qui orienterait davantage les usages vers l'Horeca. Une position compréhensible, même si 77 % des salariés rejettent l'idée d'un titre uniquement valable en restaurant.

Le signal le plus encourageant pour la restauration vient peut-être d'ailleurs : 40 % des salariés se disent prêts à choisir volontairement un titre 100 % restaurant si on leur en donnait la possibilité, soit une hausse de 17 points en deux ans. Et parmi eux, un sur quatre le ferait explicitement pour soutenir les restaurateurs de quartier. Un chiffre qui mérite d'être entendu.

Chez Ekip, on voit les choses autrement

Chez Ekip, nous sommes convaincus que cette évolution n'est pas une menace, mais une opportunité. Le titre-restaurant qui s'adapte aux modes de vie réels des salariés est un titre qui reste pertinent, utilisé et valorisé. Un avantage social que les collaborateurs perçoivent comme utile au quotidien a beaucoup plus de valeur qu'un avantage figé dans des usages d'une autre époque.

Ce qui nous importe, c'est que derrière chaque dépense réalisée avec un titre Ekip, il y ait un vrai choix alimentaire : local, de saison, responsable. Que ce soit chez un restaurateur engagé du coin ou dans une épicerie bio du quartier, nous croyons que le titre-restaurant peut être un levier concret pour une alimentation meilleure, pour les salariés comme pour la planète.

La question n'est pas tant de savoir où le titre est utilisé, mais comment il contribue à une alimentation plus consciente et plus durable. C'est ce chantier-là qui nous mobilise chaque jour.