Rapport d'impact 2025 d'Ekip : pourquoi le signal prix change vraiment nos choix alimentaires

Rapport d'impact 2025 d'Ekip : pourquoi le signal prix change vraiment nos choix alimentaires

Manger est un acte quotidien.
Répété des milliers de fois au cours d’une vie.

Et pourtant, l’alimentation est aujourd’hui l’un des principaux moteurs du dérèglement climatique, de l’érosion de la biodiversité et des inégalités de santé.

La question n’est plus seulement quoi manger.
La question est : qu’est-ce qui structure réellement nos choix ?

En 2025, notre rapport d’impact part d’une conviction simple :
👉 la transition alimentaire se joue dans les mécanismes économiques du quotidien.

Le problème n’est pas la volonté. C’est le prix.

Les données sont connues :

  • Les systèmes alimentaires représentent environ 25 à 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
  • L’agriculture est le premier moteur de la déforestation tropicale.
  • Elle utilise environ 70 % des ressources mondiales en eau douce.
  • En France, 48,7 % de la population est en situation de surpoids ou d’obésité.

La majorité des personnes expriment l’envie de mieux manger, pour leur santé et pour l’environnement.
Mais dans les faits, les comportements évoluent peu.

Pourquoi ?

Parce que le signal économique contredit l’intention.
Les produits perçus comme plus sains ou plus responsables restent associés à un surcoût — réel ou anticipé.

Tant que les options les moins vertueuses sont les moins chères, elles resteront majoritaires.

Ce que nous avons voulu tester

En 2025, nous avons poursuivi un travail initié avec l’ADEME :
que se passe-t-il si l’on agit directement sur le prix ?

Lors de l’expérimentation Carte Verte, une baisse de 20 % sur des produits bio a entraîné une augmentation moyenne de 15 % de la consommation responsable chez les foyers testés.

Conclusion :
Le comportement change lorsque le signal prix change.

Mais une question restait ouverte :
quelle intensité d’incitation est réellement nécessaire pour enclencher un changement durable ?

10 %, 5 %… ou plus ?

Nos analyses ont montré que :

  1. Une remise de 10 % favorise fortement la découverte (premiers achats, premiers passages).
  2. Mais le taux de fidélisation est quasiment équivalent entre 10 % et 5 %.

Autrement dit :
👉 Il n’est pas nécessaire de subventionner massivement pour orienter durablement les choix.

Nous avons donc fait évoluer notre modèle vers :

  • 5 % de cashback pérenne,
  • complété par des offres de bienvenue plus incitatives (allant jusqu'à 30%)

Résultat : une performance presque équivalente à 10 %, avec un modèle plus soutenable.

La transition ne se joue pas uniquement dans l’intention morale.
Elle se joue dans l’architecture économique.

Orienter des flux qui existent déjà

En 2025 :

  • 944 523 € ont été dépensés chez des commerçants engagés via Ekip.
  • Cela représente environ 308 tonnes de CO₂ évitées (estimation basée sur l’expérimentation HEC).

Ces flux ne sont pas de nouveaux budgets.
Ce sont des dépenses du quotidien, réorientées.

Restaurants engagés, agriculture biologique, insertion, circuits courts :
le signal prix permet de soutenir des modèles plus exigeants, sans augmenter le budget des salariés.

Le signal prix agit aussi là où on ne le voit pas

Le mécanisme ne s’arrête pas à la consommation.

Les titres-restaurant génèrent mécaniquement des soldes non dépensés pendant plusieurs semaines ou mois.
Dans le modèle traditionnel, ces montants sont placés selon une logique de rendement financier.

Nous avons fait un choix différent.

Au 31 décembre 2025 :

  • 700 000 € étaient placés auprès de La Nef, banque coopérative finançant exclusivement des projets à impact social et écologique.
  • Cela représente environ 310 tonnes de CO₂ évitées (rapport Oxfam).

Même l’argent “en attente” peut devenir un levier.

Ce que 2025 nous confirme

La transition alimentaire ne peut pas reposer uniquement sur la responsabilité individuelle.

Elle suppose d’agir sur :

  1. les incitations économiques,
  2. les flux financiers,
  3. les règles du jeu.

Le titre-restaurant est utilisé chaque jour par des millions de salariés.
Il influence ce que nous mangeons, où nous mangeons, et à qui nous donnons notre argent.

En 2025, nous avons continué à transformer cet outil de pouvoir d’achat en outil de transition.

Pas par une révolution spectaculaire.
Mais euro par euro.

Ce que nous assumons aussi (nos limites) :

Nous n’avons pas un modèle parfait.

Il existe une “ligne grise” dans la sélection des commerces engagés.
Il est encore difficile de descendre à la maille du produit.
Le marché reste structuré par des commissions élevées.

Mais nous avons fait un choix :
celui de la transparence et de l’amélioration continue.

2026 : aller plus loin

Notre ambition reste claire : développer à grande échelle des avantages salariaux compatibles avec les limites planétaires.

Parce qu’un système change aussi par ses mécanismes les plus quotidiens.

Et si le signal prix peut orienter des milliards d’euros chaque année,
alors il peut aussi orienter la transition.